Sur la sainte Vierge

Mère du Rédempteur, mais toujours vierge pure,
Que ton bonheur est grand, et ton sort glorieux !
Quelle main, quel pinceau peut former ta peinture
De l’immortel honneur que tu reçois des cieux ?

Par toi, le Créateur veut être créature.
L’infini se renferme en tes flancs précieux :
Ton père dans la grâce est ton fils par nature,
Et, sortant de ton sein, vient paraître à nos yeux.

Tu met au jour l’auteur des clartés éternelles;
Et tu nourris, du lait de tes chastes mamelles,
Celui qui de ses biens entretient l’univers.

Ève nous fit mourir, par sa fatale envie ;
Mais, ô Vierge féconde en miracles divers,
Dans le fruit de ta foi tu nous donne la Vie.

 


L. Drelincourt
.
Pasteur
Sonnets chrétiens
(1670)


[Haut de page][Retour][Accueil]