LES AVANT-DÉBUTS DE SAINT-PIERRE

Bonjour à tous. Sachez tout d'abord que je ne vous aurais jamais adressé publiquement la parole en ce 15e anniversaire de fondation, aujourd'hui 27 octobre 2002, si ce n'était à la demande expresse du pasteur Gérald Doré qui, illuminé par une "brillante" idée capable de me forcer la main, m'a entraînée dans cette remise symbolique en compagnie de mon ami David Baker de notre paroisse-soeur, du minimum de base parmi les documents relatifs à la fondation de Saint-Pierre.

Par le fait même, on m'a demandé de vous faire une présentation, à la fois pour rafraîchir la mémoire des paroissiens de longue date et pour instruire les plus récents membres et sympathisants. En effet, il n'a pas certainement pas suffi de claquer nos doigts pour voir apparaître, toute faite et prête à fonctionner, la nouvelle paroisse appelée Saint-Pierre. Il a fallu, à mon homologue anglophone et à moi-même, trois longues années de travail ardu et constant entre 1984 et 1987 pour y parvenir.

Sous la plume de Gérald Doré, un résumé de l'historique, superbement bien fait, a d'abord paru dans la livraison d'automne de La Parpaille. Une traduction de Julie Wilkinson, un peu écourtée pour cause de mise en page, a également été insérée dans The Spire, le bulletin de Chalmers-Wesley. En français ou en anglais, je vous engage à le relire. Aujourd'hui, je remonterai plus loin en vous informant qu'à partir de 1971, le Quebec-Sherbrooke Presbytery, autrement dit le consistoire de ce nom dans la United Church of Canada, avait créé ce qui était appelé une Zone pastorale francophone. Sur recommandation de celle-ci, le Synode avait accepté dès 1982 la formation d'un consistoire francophone. Il sera nommé Laurentien mais ne verra officiellement le jour qu'un an plus tard, le 19 janvier 1985 lors d'une célébration de fondation, télévisée à partir de l'Église unie Saint-Jean de Montréal. C'est dans ce contexte que survint le brassage d'idées au sein du Synode Montréal-Ottawa de l'Église Unie, dont il est question dans cet article. David Baker y était présent aussi lui laisserai-je le soin de vous dire un peu ce qui se passait de l'intérieur.

Quant à moi, je vais simplement vous rappeler la CHRONOLOGIE des événements et les noms des pionniers, ainsi qu'on m'a demandé de le faire.

À partir de novembre 1984, -il y a donc dix-huit ans de cela, vous rendez-vous compte?, le très particulier pasteur de Chalmers-Wesley, , décédé en 1991, se nommait Donald RABSON, un fascinant prédicateur. Comme il s'agissait d'un Britannique d'origine méthodiste et ancien de la Royal Air Force, jusqu'à cette date il ne parlait pour ainsi dire pas français. Par conséquent, imaginez-vous le tour de force que cela signifiait pour lui et moi d'assurer, une fois par mois, un culte pour la poignée d'assistants composés aussi bien de protestants. Soit des franco-canadiens appartenant déjà à sa congregation, comme Mireille Collet, les soeurs XX et XXX, soit de protestants de lointaine origine française comme le déjà âgé "Holy" Amaron , prénommé en réalité Robert Campbell Maurice et souvent appelé "R.C." par les anglophones; ou bien de nouveaux venus qui découvraient la doctrine de l'Église Unie et s'y intéressaient. Parmi ces derniers, le premier d'entre eux, Claude Pelletier, mérite d'être mentionné car c'est la lecture d'une revue à laquelle la bibliothèque municipale de Sainte-Foy était abonnée à cette époque, en l'occurrence Credo, que sa curiosité de ce socialiste curieux fut piquée. C'est ainsi qu'il nous est apparu un dimanche matin de janvier 1985 en pleine tempête de neige, alors qu'il n'avait pas et n'a toujours pas de voiture; et, cela vaut la peine d'être souligné, qui ne comprenait pas un seul mot d'anglais. Depuis lors, sa fidélité ne s'est jamais démentie: de sympathisant il est passé à membre puis est devenu actif dans le conseil de paroisse. S'il est devenu moins visible, c'est surtout en raison de ses horaires de travail le plus souvent nocturnes, et de la présence qu'il doit assurer le reste du temps auprès de sa fillette et de sa conjointe.

Pour ces dimanches là, je choisissais les chants dans Louange et Prière", le petit vieux recueil bleu de l'Église réformée de France et Monsieur Rabson faisait reprographier un ordre du culte par sa secrétaire, identique à ceux de Chalmers-Wesley... Il me remettait son sermon en anglais, écrit à la main en capitales d'imprimerie (car sa calligraphie était illisible) et je le traduisais, le tapais, le lui redonnais, puis il le lisait à haute voix tant bien que mal. Cela se passait dans le coin droit du temple, à côté du choeur, où quatre courtes rangées de banc étaient disposés face au mur, de façon à créer l'impression de chapelle. (Nous appelions d'ailleurs ainsi cet endroit).

Cet homme, maintenant décédé, eut une importance capitale dans la fondation de la mission française devenue paroisse Saint-Pierre trois ans plus tard. Et nous ne devrons jamais l'oublier même s'il a dû mettre de l'eau dans son vin pour diluer son projet initial de paroisse unique. Pour ceux qui souhaiteraient se faire une idée du travail considérable et quotidien qui s'accomplissait à cette lointaine époque, j'ai photocopiée le Rapport du Comité francophone, écrit en anglais puisqu'il figurait dans le cahier "Annual Report" de Chalmers-Wesley pour l'année 1984, et l'ai fixé au babillard. Ce recueil était épais car, à cette époque, en raison de son importance et de son passé séculaire, la paroisse anglophone était décentralisée, si je puis dire, jusqu'à concurrence d'une vingtaine de subdivisions selon les années, ayant chacune ses tâches propres, y compris 14 à 10 comités proprement dits. Chacune des "chairpersons", responsables des comités (ou son substitut) faisait automatiquement partie du Official Board, ainsi que le stipulait le manuel de règlements de l'Église Unie. Ce conseil de paroisse comprenait un French Committee, revigoré par l'entrée de Jean Bédard dans la paroisse, et comme c'était "The Executive" (comprenons le Bureau de direction) qui dirigeait la paroisse anglophone entre les Assemblées générales annuelles (qu'elles soient régulières ou motivées par un événement particulier), le Comité francophone (comme il fut rapidement appelé de façon logique) eut la chance de figurer parmi les membres de la direction en question. Au départ, il était composé de Jean Bédard, Mireille Collet et moi-même, qui nous trouvions déjà membres de Chalmers-Wesley. J'ouvre une parenthèse pour mentionner que Madame Collet est une artiste et son apport tangible, au lancement de Saint-Pierre en 1987, s'est matérialisé par la création d'une nappe dite "d'autel" sur laquelle nous avons fait nos cultes avec Sainte-Cène pendant au moins les trois premières années suivant la fondation officielle. Mireille Collet se retira assez rapidement de ce comité francophone mais continua de soutenir l'oeuvre de fondation d'une mission de langue française. En raison d'une récente opération, cette personne ne peut être parmi nous aujourd'hui et nous l'a écrit.

Car les rapports internes de l'époque le prouvent: Chalmers-Wesley n'était guère plus avancé, au point de vue "Travail auprès des francophones" en 1986 qu'en 1982. Pour différentes raisons qui sont ressorties du questionnaire envoyé à des personnes de langue française sélectionnés dans la liste de C.-W., notamment la confortable habitude d'être membres de cette paroisse établie de longue date et la crainte de changer pour l'inconnu. À titre d'exemple, citons le cas des soeurs Gosselin, avec lesquelles le contact francophone a quand même été maintenu après la fondation. Vérification faite en toute liberté, le nombre d'adhérents possibles s'est réduit comme une peau de chagrin. Le rapport du sondage pré-fondation le prouvait : on ne pouvait se fier sur la liste, quelque peu dépassée, qui nous avait été fournie par C.-W. et il fallait repartir au bas de l'échelle sur une tout autre base. Il n'y avait qu'une seule solution: la création à Québec, abritée entre les murs réconfortants du temple Chalmers-Wesley, d'une mission francophone du Consistoire laurentien, animé par un pasteur de langue française. En théorie, ça a l'air très simple mais les "trois francophones de service" comme il nous arrivait de nous nous appeler nous-mêmes parfois, n'aurions jamais atteint ce but si nous n'avions été fraternellement épaulés et techniquement soutenus par un groupe de responsables de Chalmers-Wesley, dotés d'une belle largeur d'esprit et guidés par la volonté de réussir du pasteur Donald Rabson et de l'infatigable David Baker qui était déjà Chairman of the Board et que j'appelais "mon homologue", ce qui l'amusait beaucoup.

Outre ces deux moteurs du projet, du côté anglophone, il est impossible de passer sous silence la création de comités spéciaux successifs, dits Ad Hoc, moitié franco moitié anglo, spécialement créés à partir de novembre 1984 dans le but de "recommander à la Session (conseil des Anciens) quels devraient être les meilleurs moyens à prendre pour Chalmers-Wesley , à court et à long terme, "en vue de l'implantation d'un ministère en français" . Mentionnons les personnes qui, à un moment ou à un autre, ont été membres du Comité dit Ad Hoc, telles que Eleanor Carruthers, qui était membre de deux autres comités et qui est toujours fidèle au poste, nous organise les repas des fêtes communes et veille à ce que le choeur du temple soit toujours fleuri. Mike Ayre qui était en 86 président de l'important comité des finances, et Ingrid De Pauw qui a dirigé l'école du dimanche et faisait partie du Comittee of Stewards (ces surveillants des biens matériels de la paroisse, si je puis dire, comme Stuart Wright. Si vous voulez savoir exactement ce qu'ils font, vous le demanderez à Gérald Doré ou à David Baker). C'est grâce à un don de sa famille, en mémoire de son père Mamertus Johannes De Pauw, que nous avons pu nous procurer les premiers livres de chants "Psaumes et Cantiques" pour Saint-Pierre. Elle vit à Aylmer, dans l'Outaouais québécois, fait partie de l'église unie locale et nous a envoyé ses voeux par courriel.

Insistons encore plus sur ceux qui continuaient à s'occuper de nous mettre au monde entre 1985 et 1987: la personne clé de voûte de tant d'ouvrages divers, Madame Bea Gaw qui, vingt ans plus tard, nous parle encore de ses missions (qu'elles soient étrangères ou intérieures comme la nôtre) et qui continue à faire partie de la chorale. Longtemps présidente du conseil de sa paroisse, que de réunions en tous genres, déjà prévues ou convoquées d'urgence, n'avons-nous pas tenues dans son sous-sol au fil des années, café et gâteau à l'appui. Le défunt Ross Kitchen, infatigable greffier des anciens chez les anglophones et qui nous a tout appris des us et coutumes de l'Église unie à Étienne Rochat et moi-même. Le bilingue farceur Cameron MacMillan, qui m'a si gentiment accueillie lorsque je suis descendue pour la première fois prendre un café et qui incidemment est devenu parrain de confirmation de ma fille. Sur David Baker qui convoquait et animait tous ces mouvements de bonnes volontés, il y en aurait trop à dire. Au risque de froisser sa modestie, je ne suis pas la seule à croire que si ce n'avait été de son action si structurée et si efficace de Convener, la personne qui convoque, qui rassemble un groupe, la paroisse Saint-Pierre n'aurait jamais été ce qu'elle est. À cette époque, ill écrivait tout à la main, photocopiait et distribuait. Lorsque c'était nécessaire, chacun gribouillait ses commentaires dans la marge et retournait à l'envoyeur. Un jour les archives dévoileront, à une autre génération, la somme incroyable de pages qu'il a ainsi noircies, non seulement pour sa propre paroisse mais aussi pour qu'une mission naisse viable puis survive. Et de celles qui nous donnaient un coup de pouce à leur façon comme la regrettée Ruby Skidmore (qui épouse de Brian, basse dans la chorale) l'âme des concerts d'été et des expositions de peinture. Et Murray Baker que sa licence en français d'une université de Nouvelle-Écosse n'obligeait aucunement à assister à deux cultes de suite. Que de fois la famille Baker, membre très actifs de C.-W.d'un côté et sympathisants de la toute nouvelle Saint-Pierre de l'autre, n'a-t-elle joué spontanément ce petit jeu pour étoffer l'assistance aux cultes francophones autour de la période de fondation? J'ai même retrouvé le fait que l'un des fils, Robert, avait fait des lectures bibliques aux mini-cultes de "la chapelle", c'est tout dire! Et, après la fondation de la mission, Grant McConnell qui, de son poste de responsable au si important au comité de la Propriété, et malgré ses très longues absences à l'étranger, a fait en sorte que nous ayons un toit au point de départ, a tout mis en oeuvre pour que nous le gardions et qu'il soit consolidé et nettoyé pour résister aux ravages du temps. Sans oublier épouse Edmonde qui trouve toujours un endroit où s'activer et son adjoint.

La suite, vous la connaissez déjà mieux: Étienne Rochat, fils de pasteur, récemment ordonné lui-même, doté d'une énergie débordante d'un style groupe de jeunesse, a été engagé par un contrat de 5 ans par l'Église Unie du Canada en date du 1er novembre 1986. Le décès du père de son épouse, Nicole, a malheureusement entraîné le retour du couple à Lausanne après 3 ans seulement, au grand désarroi de ouailles. Le couple a eu 3 enfants: 2 fils et une fille. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Étienne est devenu très spécialisé en aumônerie d'hôpital et est même revenu faire un stage au Québec.

C'est le 11 janvier 1987 que Donald Rabson a organisé avec pompe un Service of Welcome to the Reverend and Mrs Etienne Rochat, tel qu'il est écrit dans l'ordre du culte d'alors à Chalmers-Wesley. Ce culte d'accueil commençait par un prélude d'orgue par Jacquelin Rochette, composé de pièces liturgiques françaises, deux cantiques étaient chantés en français, la présidente du Comité francophone lisait l'épître et notre jeune pasteur récemment ordonné, qui étrennait son onéreuse robe noire en laine, adressait quelques mots à l'assemblée avant que, pour terminer, le finale de la Première symphonie de Louis Vierne se fasse entendre. Et puisqu'il est question de la maestria du premier organiste de Saint-Pierre, ensuite parti chez Casavant à Saint-Hyacinthe, j'en profite pour vous lire le message qu'il m'a adressé pour vous tous. Nous devions avoir la joie joie d'avoir aujourd'hui parmi nous notre second organiste, Francis Gagnon, accompagné de son épouse Diane. À la dernière minute ce matin, il a malheureusement dû annuler son voyage. Nous allions le féliciter pour son ordination en tant que diacre dans l'Église catholique le 28 octobre 2001. Assistaient à cette cérémonie des membres de l'Église unie de Drummondville-Mauricie. Le pasteur Denis Fortin a pris la parole afin d'expliquer brièvement de quelle façon Francis s'était trouvé impliqué dans l'Église unie du Canada. Il en résulte que, encore aujourd'hui, la priorité du nouveau diacre catholique est le dialogue interconfessionnel afin, pour le citer, "Que tous soient un" dans la grande maison du Seigneur". Ce qui est fidèle à la tradition de Saint-Pierre impliquée dans l'Unité des chrétiens dès sa fondation.

Au printemps de 1987, le premier groupe de membres en règle officiellement reçus, transférés d'une autre paroisse ou Église protestante, ou nouveaux adhérents, ont été cette même Nicole Rochat, Madame Cécile Blais de Lévis, Mireille Collet, Jean Bédard évidemment, Claude Pelletier, Guylaine Morneau conjointe du précédent, Thérèse Villa, son père Manuel Villa, sa fille Marie-Hélène Rony ainsi que Beverley Weber. La deuxième vague, quelques mois plus tard, (et je cite indifféremment les transférés et les nouveaux venus) était composée de Brigitte et Yves Jaccard de Lausanne, qui passaient un an à Québec, maintenant retournés en Suisse mais restés en contact avec nous; Daisy et Jean-Jacques Chappuis et leurs fils David et Frédéric. D'origine suisse, ils ont déménagé à Kitchener, en Ontario et outre des amis, nous avons ainsi perdu notre chef cuisinier; Jacques Baron (présentement en voyage en Europe), Gaston Côté (maintenant en Europe), le capitaine de marine marchande Jean-Paul Gagné, protestant de longue date d'abord chez les baptistes, puis qui avait passé de très longues années chez les rares francophones presbytériens de notre quasi voisine St.Andrew's et qui a recueilli les offrandes à Saint-Pierre ensuite pendant d'autres nombreuses années; Pierre Weber qui a longtemps été trésorier de Saint-Pierre ainsi que le substitut de Thérèse Villa au Comité francophone après le départ de Jean Bédard en Ontario.

Je vais arrêter ici cette litanie afin de ne pas entamer l'année 1988. Pour en savoir davantage, il faudra attendre que soit écrite l'histoire de la paroisse. Pour le 20e anniversaire peut-être? Et en attendant, si la curiosité vous pique et que vous désirez savoir en quelle année votre actuel président du Conseil, Philippe Hourtiguet, est arrivé à Saint-Pierre avec Carole Poulin, c'était aussi tôt qu'en 1988. Ils s'y sont mariés puis sont devenu officiellement membres en mai 1990. Quant à sa co-équipière au "Comité du 15e anniversaire", Julie Wilkinson, protestante de longue date, elle s'est jointe à Saint-Pierre en mai 1989 où elle a coiffé plusieurs chapeaux sucessivement et même concuremment, notamment à la tête du Conseil de paroisse et jusqu'à l'organisation de cette mémorable fête d'aujourd'hui avec son co-équipier Philippe et plusieurs autres dévoués bénévoles.

Je ne saurais terminer sans une mention très spéciale à l'endroit de Jean Bédard dont vous avez souvent entendu le nom aujourd'hui. Il était avocat à Québec et habitait à Cap-Rouge. Membre de Chalmers-Wesley, il y était devenu ancien, puis moi-même par la suite, ce qui nous a valu d'être les deux premiers anciens de Saint-Pierre. Ce fut une bénédiction de l'avoir comme conseiller juridique bénévole. La fondation d'une entité religieuse habilitée à délivrer des actes d'état civil, comme cela se pratique au Québec, implique de nombreuses démarches administratives et légales. Comme je vous le disais dès le début, tout ce qui entoure la fondation de Saint-Pierre n'a pas été aussi simple qu'il n'y paraît. Cette partie là nous aurait singulièrement compliqué la vie et retardés encore plus si nous n'avions eu Maître Bédard pour dresser les documents officiels et particulièrement l'obligatoire Convention de fiducie enregistrée chez le notaire. Après avoir passé les examens du Barreau de l'Ontario, sa petite famille et lui nous ont quittés pour Toronto où il s'est fait transférer dans une autre église unie et où il occupe maintenant un poste important dans un gros cabinet d'avocats. Jean s'était préparé pour venir à Québec aujourd'hui et se réjouissait d'être parmi nous. Mais, à la dernière minute, il a dû remplacer un collègue à un congrès international aussi loin qu'en Afrique du Sud où il est parti le 19 octobre. Deux jours avant cette date, il a encore eu l'extrême gentillesse de nous aider, par écrit, de ses conseils juridiques pour l'obtention d'une copie authentique de ce document de base.

Je remets donc aujourd'hui à l'archiviste bénévole de Saint-Pierre, Claude K. Couture, les documents suivants :
1) la Convention intervenue entre Chalmers-Wesley U.C. de Québec et le Consistoire Laurentien de l'église Unie du Canada, ayant son siège à Montréal. Elle est datée du 15 janvier 1987 à Montréal; 18 et 21 janvier à Québec. Elle est accompagnée de l'avant-projet de celle-ci car il a fallu des mois de tractations et de tergiversations, de brouillons corrigés par les uns et les autres de façon répétée, avant que ne soit agréé de part et d'autre un texte définitif.
Pour votre information, les signataires pour le Consistoire sont : le président qui en était alors le pasteur Jean Bonnard des Cantons-de-l'Est, Gérard Gauthier qui dirigeait la revue "Credo" et qui était alors la laïc le plus engagé sur la place publique, le pasteur Jacques Labadie de Montréal. Pour Chalmers-Wesley, les signataires ont été: David L. Baker, qui était alors président du Official Board (ou conseil de paroisse) et ancien, Ross M. Kitchen, qui était alors Clerk of the Session (ou greffier du conseil des anciens), poste stratégique qu'il a occupé pendant de longues années, et Thérèse Villa en tant que responsable du Comité francophone de Chalmers-Wesley et élue parmi les anciens.

2) La Convention de fiducie passée le 11 juillet 1987 devant le notaire J. Bouffard. Le document légal de 9 pages est signé successivement par le Révérend Étienne Rochat, Madame Thérèse Villa, Maître Jean Bédard, Madame Nicole Rochat (je précise: en tant que secrétaire du premier conseil de paroisse), Monsieur Eugenio Caballero (en tant que trésorier du premier conseil de paroisse) et le notaire. À noter que cet excellent trésorier, que nous aimions beaucoup, travaillait comme professionnel au CRIQ boulevard Charest, habitait Beauport et avait des enfants, a fini par retourner dans son Chili natal où la situation politique paraissait s'être normalisée.

3) Une photocopie de l'article "Semences d'espérances" - Éléments d'histoire sur la présence protestante au Canada, 6 pages signés en janvier 1985 par Pierre Goldberger, pasteur et alors professeur au Séminaire Uni, d'après des éléments rassemblés par le renommé pasteur, Claude de Mestral.

4) Le premier recueil des actes religieux (sans connotation civile) que la greffière du Conseil des anciens, Thérèse Villa, a tenu à Saint-Pierre (sans cependant attribuer un numéro à chaque membre) comme dans toutes les églises unies du Canada.

Si les noms et fonctions de gens avec lesquels nous aurions travaillé, il y a quinze ans, ont été oubliés. l'auteur vous prie de l'en excuser. Les précisions seront ajouter si vous voulez bien les lui faire connaître, ce texte n'étant pas définitif.

                    Thérèse VILLA

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