Courriel d’appui
Par Barry Ésau

Ce texte a été diffusé à l’émission Lamarche Le Matin de la radio de Radio-Canada, le 20 février.
« C'est avec grand intérêt que j'ai écouté votre entrevue avec monsieur Mohamed Cherfi ce matin. Je suis paroissien de l'église unie Saint-Pierre et je suis heureux, pour ne pas dire fier, de la prise de position de notre pasteur et de nos ancien-ne-s dans cette affaire. Nous croyons qu'une des raisons d'être de l'Église est d'être un refuge pour des gens persécutés, comme l'est monsieur Cherfi. Lui offrir asile va de soi pour une communauté qui cherche à donner des mains et des pieds à sa foi.

En contraste avec ce geste de compassion est le cynisme des agents responsables pour l'ordre de déportation qui menace monsieur Cherfi. Voici un homme qui a été obligé de quitter son pays parce qu'il rejetait la violence de l'État et a refusé d'y participer. Voici un homme de conviction qui a milité pour améliorer le sort de plusieurs autres ressortissants algériens. Voici un homme qui dérange. Voilà son erreur.

Le Canada ne veut pas de gens qui dérangent. Le « plus meilleur pays au monde », ou du moins les forces néolibérales qui le contrôlent, veut seulement des immigrants tranquilles qui prêteront allégeance à la reine, qui se confondront dans le décor, et, surtout, qui se tairont. Monsieur Cherfi a osé lever sa voix contre des injustices et pour cela, on veut le sacrer dehors, même si cela mettra sa vie en danger. Gens de conviction, nous ne voulons pas de vous ! Paul Martin et son gouvernement en sont la preuve...


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