Donc,
ce qui fonde la foi protestante, c’est Jésus Christ et son Évangile, non Luther, Calvin ou Zwingli. Bien sûr, ces grands réformateurs ont permis aux chrétiens du XVI
e siècle de retrouver la vérité première du message évangélique devenue prisonnier d’une Église devenue infidèle au sens fondamental du message du Christ. Sur ce plan, la lecture que fit Luther de l’Épître de Paul aux Romains est devenue la référence et le modèle de lecture réformé des textes bibliques. C’est aussi ce type de lecture qui permis d’établir que Jésus Christ n’avait institué que deux sacrements (le baptême et la Sainte Cène) : c’est pourquoi le protestantisme ne célèbre que deux sacrements.
Le but premier des Réformateurs n’a jamais été de créer une nouvelle Église ou de fonder une nouvelle religion. Ils voulaient tout simplement amener l’Église chrétienne à se « réformer » pour retrouver une fidélité rigoureuse à l’Évangile. Ce qui caractérise d’ailleurs l’activité religieuse du protestant et sa façon de célébrer son culte à Dieu, c’est son soucis de lire attentivement et d’interpréter rationnellement les textes bibliques car ils nourrissent sa foi.
En plus de Luther, Calvin et Zwingli, les théologiens qui ont le plus contribué à l’expansion de la réforme sont, d’abord, John Knox (1505-1572) qui a implanté la Réforme en Écosse en fondant l’Église presbytérienne après avoir passé plusieurs années près de Calvin à Genève. Le nom « presbytérien » fait référence au mode d’organisation de chaque paroisse fondé sur un conseil d’« Anciens » (presbuteroi en grec). Ensuite, deux siècles plus tard, John Wesley (1703-1791) Fonda le méthodisme. Fils d’un pasteur anglican il devint lui même pasteur anglican. Cependant, le 24 mai 1738, écoutant la lecture de la préface que Luther avais rédigée à l’Épître aux Romain de Paul, Wesley eu la « révélation » du salut par la foi et non par les œuvres. Il commença donc à prêcher cette vérité fondamental de la Réforme dans les églises anglicanes, mais on lui refusa rapidement l’accès à ces églises pour ses prédications… Il continua à prêcher, en plein air, attirant des foules considérable. Il insistait sur l’importance de la piété personnelle, de la conversion et l’assurance du salut reçu par la foi. Le nom de « méthodisme » vient de la pratique – qu’il a lancé – d’exercices spirituels effectués selon une méthode précise à l’intérieur de réunions de piété. Il voulait aussi former des laïcs capables de prêcher de prêcher et, finalement, créa une Église séparée de l’Église anglicane.
(À noter que l’anglicanisme ne peut être considéré comme une confession protestante au sens stricte. Elle n’est pas en effet le résultat d’une réforme de l’Église romaine, mais plutôt d’une rupture avec Rome décidé par Henri VIII (1491-1547) pour des raisons « d’État », créant alors une sorte d’Église catholique nationale. Aujourd’hui la doctrine anglicane se trouve à la frontière entre la doctrine romaine et la doctrine protestante.)
Enfin, il convient de souligner la fondation du premier mouvement à se séparer de l’Église anglicane à laquelle il reprochait son union et sa dépendance vis-à-vis de l’État : ce sont les congrégationalistes. Il revendiquaient l’autonomie absolue de la paroisse (congrégation en anglais), refusant donc tout autorité supra paroissiale. Ce sont les congrégationalistes (aussi appelés Puritains) menés par John Robinson qui, en 1620, émigrèrent en Amérique sur le Mayflower dans le but de fonder un pays à l’image de leur foi.
D’autres confessions protestantes apparurent du XVII
e (les Baptistes) au XX
e siècle (les Pentecôtistes), ainsi que d’autres dénominations qui, par leurs origines, se rattachent au courant protestant sans être des Églises au sens théologique (elles n’administrent pas les sacrements), mais souvent reconnues comme telles par l’État civil : les Mennonites, les Quakers, les Frères Moraves, l’Armée du Salut…
La route de la foi chrétienne est large !