Ressource-Moment 2008

L'Arche en Ciel
Claire Dumouchel et Élyse Bourbeau


C’est durant la fin de semaine du 19 au 21 septembre que s’est déroulée la retraite annuelle de l’Église Unie St-Jean, sous le thème de «l’Arche en Ciel», c’est-à-dire de l’histoire de Noé. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous avons pris le chemin pour Granby, au sanctuaire des Père Trinitaires. La fin de semaine s’annoncait magnifique et l’endroit très calme et reposant. C’était pour nous deux une première expérience de retraite spirituelle. C’était d’ailleurs de même pour la majorité des participants cette année, ce qui pouvais laisser craindre une timidité généralisée. Autre petite inquiétude : comment réfléchir en tant que chrétiens et chrétiennes sur un texte de la bible hébraique qui peut parfois nous sembler bien loin de nos préoccupation ?

Hé bien, nos inquiétudes n’étaient pas fondées! Voici donc un petit compte rendu pour ceux qui ont manqué le bateau!

La soirée de vendredi est simplement dédiée à faire connaissance avec tout le monde et prendre connais100_0083sance du programme de la fin de semaine. Notre pasteur Thierry prend également du temps pour nous parler des origines du texte de la Génèse, entre autres en faisant un parallèle avec l’épopée de Gilgamesh. S’en suit un premier de plusieurs «mini-cultes» où l’on prie, chante et lit des passages du Nouveau Testament faisant référence à l’histoire de Noé. On nous laisse nous coucher sur un questionnement provenant d’un texte tiré de Caféchange où une dame se désole du mal qu’il y a sur terre et qui espèrerait presque que Dieu refasse le coup du déluge. Serait-ce là le genre de message qu’on voudrait tirer de la Bible?

Réveil dès 7h00 le lendemain pour une séance matinale d’exercices sous la supervision de Marco et un bon déjeuner. La journée de samedi est dédié à une réflexion en profondeur sur le texte de la Genèse. À partir de la question d’accroche de la veille, notre pasteur Thierry ainsi que Stéphane et Marco nous mènent à travers plusieurs discussions thématiques dans le but de donner un sens contemporain à ce texte millénaire. On aborde le texte sous un angle historico-critique afin de bien cerner le contexte historique où il fut écrit. S’en suivent de sérieux questionnements sur la nature du récit. Des thèmes très variés sont abordés : le rôle que Dieu veut jouer dans sa création, le rôle qu’il veut que nous jouions, le bien, le mal, les difficultés que chacun doit surmonter dans sa vie. Chacun des éléments de l’histoire est abordé comme un symbole pouvant représenter une ou plusieurs réalités de nos vies. Par exemple, le déluge a évoqué pour plusieurs les périodes difficiles qui peuvent nous rammener à l’essentiel de nos vie, à ce qui compte vraiment. Tout y passe dans cette discussion : le sens de l’arche, de la porte de l’arche, de l’arc-en-ciel,… L’atmosphère est très conviviale et respectueuse des idées; tout le monde sans exception prend part au partage et on découvre autant d’interprétations différentes qu’il y a de gens.

L’atelier de fin d’après-midi est animé par la célèbre ânesse parlante de Balaam (qui ressemble étrangement à Isaac avec des oreilles d’âne, mais cela doit être le hasard). Celle-ci nous rappelle que l’alliance que Dieu a fait avec Noé inclut aussi la nature et que Dieu nous en rend responsable. Nous devons alors, pour l’heure qui suit, nous mettre dans la peau d’aigle, de poissons, de colombes et de vaches et mettre en scène des passages bibliques reliés au monde animal, sans utiliser les mots des humains! Cette activité amusante et souvent loufoque est suivie d’une agréable soirée de jeux où on peut encore plus rire et apprendre à connaître tout le monde à travers des activités variées comme des jeux questionnaires, des mimes et le classique jeu du loup-garou!

Après une bonne nuit de sommeil parsemée de rêves de fête et d’animaux, nous nous levons en ce dimanche matin pour une prière ensemble. C’est une belle façon de commencer la journée, pleines d’action de grâces et de joie. C’est la joie de prier notre Dieu, mais aussi celle de revoir ceux avec qui de nombreux rires ont été partagés hier. D’ailleurs, le pasteur Thierry nous annonce que la prochaine activité prévue est la rédaction d’un texte suivi d’un partage. Il s’agit d’abord d’écrire un texte à partir de ce que nous inspire le récit du déluge. Chacun va alors s’isoler pour écrire leur création personnelle. Certains vont dans leur chambre, d’autres vont dehors pour puiser de l’inspiration du soleil de cette magnifique journée qui commence.

Environ trente minutes après, on se met en équipe de trois pour partager nos récits. C’est encore l’occassion d’apprendre à mieux connaître ceux qui, depuis que nous fréquentons l’Église, nous accompagnent dans notre chemin de foi à St-Jean. Puis, Stéphane nous propose d’écrire les phrases les plus significatives de nos textes en couleurs sur des feuilles de papier blanches. Nous allions créer un arc-en-ciel avec ces feuilles. Tous les mots que nous avions écrit sont touchants. Tous comme notre groupe d’ailleurs, les styles d’écritures sont diversifiés et inspirants. Certains écrivent des récits personnels, d’autres se concentrent sur des phrases du récit qui les inspirent et d’autres encore écrivent les grandes valeurs, les grandes significations du texte. Thierry nous suggère de lire chacun à notre tour des mots de l’arc-en-ciel que nous avions créé. Entendre nos propres mots à travers la voix d’un autre nous a fait sourire. Après ce moment riche en émotions, nous descendons à la cafétéria pour un dernier dîner ensemble.

À la fin de cette fin de semaine inspirante a lieu une célébration autour du pain et du vin de la communion. P100_0052uisque que allons régulièrement au culte de St-Jean le dimanche, un tel moment de prière et de chants nous fait sentir comme si on y était. Toutefois, il y a, si on veut, quelque chose de plus. On peut dire que c’est plus intime, étant donné que nous sommes tous en cercle et que nous sommes moins qu’à un culte moyen, mais c’est surtout que nous avions appris à nous connaître et unir nos voix dans la prière était notre façon de nous dire à quel points nous avons été charmés, inspirés, transformés par nos échanges. Notre participation à la Sainte-Cène et notre partage de la paix ont été remplis d’émotions. À chacune de nos étreintes, nous nous sentons de plus en plus membre de cette famille qu’est l’Église Unie St-Jean. Pas longtemps après est arrivé le moment de nous quitter. Notre première retraite sera une expérience inoubliable. Éternellement, nous aurons en nous cet esprit de partage et ce sentiment d’appartenance qui seront très présents à chaque rassemblement avec notre nouvelle famille chrétienne.

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