
Septembre 1998 «Heureux ceux qui pleurent; ils seront consolés.» (Matthieu 5,4)Chers paroissiens, nous tous, nous faisons des expériences dans notre vie qui nous affligent profondément. L'affliction, ce n'est pas une maladie, mais elle est une expérience profonde de l'être humain que nous faisons de temps en temps et qui nous accompagne pendant les années. Ce qui importe, c'est que nous ne refoulons pas l'affliction, mais que nous la tolérons et même que nous la manions sciemment. Pour nos sociétés occidentales "être jeune", "être couronné de succès" et "être dynamique" sont des valeurs qui ont la qualité de la Confession de foi; nous sommes pauvres en rituels d'affliction. Les rituels nous aident à digérer l'affliction; refouler le procès de la désolation peut causer une affection psychique. Sans doute, les produits psycho-pharmaceutiques peuvent être secourables, mais ils ne combattent que les symptômes de l'affection psychique. Mais la guérison - c'est beaucoup plus profond. La guérison entoure les racines de la souffrance. Un remède tout naturel ce sont les pleurs. Les pleurs ne sont pas un signe de faiblesse, même si nos grands-parents ou parents nous ont appris - avant tout à nous, les garçons: "Un jeune homme ne pleure pas!" ou "Arrête de pleurer, sois un homme!" J'aime bien comparer l'âme à la terre labourable. Quand des expériences tristes et douloureuses brûlent la terre comme le soleil incandescent, alors la terre, c'est à dire l'âme devient sèche et cassante. Ce ne sont que les gouttes de pluie, c'est à dire les larmes qui détrempent la terre de sorte qu'elle peut porter la vie et produire de fruits. C'est Jésus lui-même qui proclame ceux qui pleurent heureux; même si notre affliction nous console seulement d'une façon passagère, elle est précieuse infiniment et peut empêcher une maladie psychique. La consolation éternelle nous est promise quand Dieu essuiera toute larme de nos yeux, quand la mort ne sera plus, quand il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance et quand Dieu nous proclamera heureux dans les siècles des siècles. Le texte suivant de Josua Boesch veut nous encourager de nous affliger d'une façon salutaire. Le temps de deuil Pourquoi être honteux de son deuil? Pourquoi retenir les larmes? Ne sont-elles pas un don des cieux qui tombe sur la terre comme la rosée et humidifie tout comme la pluie? (Un don) qui fait boire la terre la plus sèche pour qu'elle pousse et fleurisse de nouveau? Ce ne sont que les durs qui ne pleurent pas quand une vie s'est achevée, quand il faut l'enterrer, quand il faut faire ses adieux à jamais. Mais toi, fais venir les larmes, si tu peux. Ce ne sont que les larmes qui sont capables d'apaiser les douleurs les plus profondes. Elles passent tout à l'eau, aussi les décombres et les débris des espoirs et des illusions erronées. Puis on voit plus clair, on connaît la direction et comment continuer. Dans la tristesse on n'est jamais seul; c'est LUI qui pleure avec ceux qui pleurent, qui partage notre tristesse jusqu'à ce qu'IL ait trouvé un chemin et jusqu'à ce que je le voie aussi devant mes pieds et devant les SIENS. Si c'est le temps pour s'affliger, j'ai quelque chose à l'intérieur qui veut guérir. Et si j'accepte, je ressuscite de la désolation et je continue mon chemin la tête droite avec joie et vigoureusement. Ch. Albrecht |
