EGLISE UNIE BEDFORD / ACTON VALE

La Lettre du Pasteur

Mai 1998

LA PENTECÔTE

" Si le Christ n'est pas ressuscité ", nous disait Paul, "notre foi est vaine ". On pourrait ajouter, si la Pentecôte n'avait pas eu lieu, il n'y aurait pas eu d'Église. Le Christ avait en effet promis son Esprit à ses disciples pourqu'ils puissent mieux comprendre les Écritures, se rappeler de ce qu'il leur avait dit et témoigner de lui dans le monde. C'est cette mission des premiers disciples que poursuit à son tour l'Église.
La Pentecôte c'est un souffle nouveau qui a animé le groupe des disciples afin qu'ils sortent de l'endroit où ils se cachaient par peur de connaître le même sort que Jésus. Avec la Pentecôte c'est comme si le vent de la vie c'était mis à souffler dans un endroit où le silence et la tristesse avaient trop longtemps régné.
Il y a quelques années je me trouvais à passer par le Manitoba. Plusieurs Manitobains alors rencontrés me demandaient ce que je pensais de leur province. Devant mon hésitation à leur répondre, ils me disaient : " C'est plat comme paysage, mais si tu veux voir un paysage plus varié tu dois aller dans le Nord ". Tous me recommandaient de voir le lac Winnipeg. Je regrettais de ne pas avoir eu le temps de le faire. On ne peut jamais tout voir quand on voyage à moins d'avoir tout son temps. J'étais à marcher sur une de ces routes du sud du Manitoba en cherchant à l'horizon quelque chose qui aurait pu découper le paysage. Rien en vue. C'était pour quelqu'un de l'Est une expérience tout à fait inhabituelle. Rien ou presque rien à l'horizon, pas la plus petite colline. Il y avait bien ici et là un arbre mais rien d'autre. Je n'avais jamais vu de paysages aussi peu variés. Les champs étaient à perte de vue de la même couleur, celle des blés qu'on allait bientôt couper. J'avais presque l'impression de contempler une photo tellement rien n'y bougeait. Soudain le vent s'est levé. La cime des arbres s'est mise à valser au vent et les champs ont pris alors un nouvel aspect. Le vent en soufflant sur les blés leur a donné un mouvement qui me rappelait celui des vagues sur la mer. Tout ce paysage s'est mis à s'animer. Non, l'immensité des plaines de l'Ouest n'est pas sans vie.
On pourrait comparer toute la bible à un tel paysage. Quand le vent n'y souffle pas, il semble sans vie. C'est comme si on parcourait la bible sans que l'Esprit ne nous y révèle rien (sans que l'Esprit ne témoigne en nous, comme disait Jean Calvin). On aurait alors l'impression que la Bible est un livre du passé qui n'a rien à nous dire aujourd'hui. Cela serait dommage. Ce serait comme lire l'épisode des disciples d'Emmaüs en oubliant ce beau moment de leur expérience : " N'y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il (Jésus) nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures (Luc 24,32). "
Avec la Pentecôte quelque chose c'était passé dans le cœur des apôtres. Quelque chose qui les distinguait à tout jamais de ce qu'ils étaient avant. Jamais plus ils ne se sont querellés pour savoir qui était le plus grand comme à l'époque où Jésus était avec eux. Ils avaient désormais à cœur de former la première communauté chrétienne. Que l'Esprit de Dieu nous rassemble tous afin que nous soyons un dans le Christ !

Pierre-Paul Lafond



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