EGLISE UNIE BEDFORD / ACTON VALE

La Lettre du Pasteur

Février 1998

Unité ou uniformité

Le but du dialogue oecuménique est de se familiariser avec, voire de comprendre, le monde de croyance d'une autre confession ou d'une autre religion. Il s'agit d'un processus, celui de vouloir apprendre de l'Autre, de ses expériences religieuses qui plongent jusqu'aux racines de l'existence et de l'identité d'un être humain.
Mais si, dans ce dialogue oecuménique, il s'agit de quelque chose de profondément humain, alors il s'agit également de la tolérance et du respect de la dignité de l'Autre.
Cependant, lorsqu'il est question de la dignité de l'Autre, alors un jegement rapide ou même une condamnation est exclue aussi bien qu'une absorption de l'Autre. "Autre" ne signifie pas "d'une valeur inférieure". L'altérité n'appelle pas à la conversion à une soi-disante ortho-doxie au sens propre du terme - la croyance juste.

Que propose l'oecuménisme ?
Oscar Cullmann, professeur à l'Université de Bâle, décédé il y a peu de temps, a forgé une expression sage et pénétrante dans l'esprit du deuxième Concile du Vatican, à savoir celle de l'UNITÉ DANS LA VARIÉTÉ. Dans l'oecuménisme il est donc question d'unité et non pas d'uniformité! C'est justement parce que les êtres humains font des expériences différentes avec la foi et la vivent différemment, et parce que des catégories objectivantes comme "juste" ou "faux" sont inutilisables et dénuées de sens, qu'il ne pourra jamais être question d'uniformité. La foi, la religiosité est variée, bigarée et riche comme les êtres humains dont la foi est vivante!
Celui ou celle qui postule l'uniformité ne postule pas l'oecuménisme. Celui ou celle qui s'ouvre à l'oecuménisme cherche une unité, l'unité de la foi avec toutes ses réalisations possibles.
L' unité dans la variété signifie justement - contrairement à l'uniformité - qu'il n'y a pas de nivellement des convictions religieuses. Au contraire, l'attitude de l'unité dans la variété laisse à l'hétérodoxe - à celui ou celle qui a une autre croyance - sa dignité et son identité et cherche même à les protéger. Bien sûr, elle revendique la même chose pour elle-même.

L'oecuménisme ne signifie pas que les catholiques devraient devenir un peu plus protestants et les protestants un peu plus catholiques. Il y a certes un côté tragique dans la division des confessions. Cependant, toutes les convictions religieuses sont légitimes au même titre. Ceux ou celles qui prennent au sérieux leur propre confession - tou comme celle des autres - et qui par la suite se heurtent forcément à des limites douloureuses de ce qu'ils peuvent avoir en commun ne sont pas du tout anti-oecuméniques!
J'aimerais soutenir les chrétiens et les chrétiennes catholiques et protestantes sur leur voie de croyance individuelle et confessionnelle; seul celui ou celle qui est bien dans sa propre identité peut se réjouir de l'identité de l'autre. Le dépassement des différences confessionnelles n'est peut-être pas un but primordial de l'oecuménisme. Je suis d'avis que le dépassement des frontières confessionnelles légitimes car théologiquement fondées n'est pas la cause du dialogue oecuménique, mais sera son effet! "

(Extrait de la lettre pastorale de Christoph Albrecht)


La Lettre la plus récente
Église Unie
Webministre: Franziska Santschi-Geiser