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Décembre
2001
Noël
: c'est pas un cadeau mais une mèche qui fume encore...
En cette période de 'déprime' économique, alors que nous vivons un malaise
profond et une inquiétude croissante face à l'avenir, le retour du temps dit
'des fêtes' semble presque outrancier. Bien sûr, la publicité va tout mettre
en oeuvre pour fabriquer un climat de réjouissance, d'autant plus que nos
gouvernements nous invitent à la consommation source de salut (!) plutôt qu'à
la simplicité volontaire. Mais comment alors parler de Noël, le vrai ? C'est
pas un cadeau !
Pas un cadeau de parler de Noël, alors que Bethléem est sous le feu des armes,
que comme toujours le sang des innocents coule aussi rouge que celui de ceux qui
le sont moins, et que la folie vengeresse semble ne plus connaître de limite.
Pas un cadeau, alors que nous regardons d'un oeil différent ces 'sages venus
d'Orient' dont la civilisation et la culture nous semblent plus que jamais étranges,
et dont la simple différence d'habits nous paraît une menace. Pas un cadeau,
que d'écouter avec attention cantiques et textes bibliques qui parlent 'de paix
sur terre aux hommes de bonne volonté' lorsque tout semble plus urgent que de
vouloir travailler à la paix avec bienveillance et compassion.
Les médias nous répètent que depuis le 11 septembre, sans même qu'on le réalise,
notre vie (à nous les occidentaux) a changé en profondeur. Peut-être que
l'association prépondérante de Noël avec les cadeaux devra aussi changer. Noël,
cette année ? Ce n'est pas un cadeau qui me vient à l'esprit mais plutôt
l'image d'une lampe à huile dont la flamme est en train de s'éteindre et qui
pourtant ne meurt pas, envers et contre tout. 'Voici mon serviteur que je
soutiens [...] j'ai mis mon Esprit sur lui [...] il ne criera pas, il n'élèvera
pas le ton [...] il ne brisera pas le roseau ployé, il n'éteindra pas la mèche
qui fume encore [...] je t'ai destiné à être l'alliance de la multitude, à
être la lumière des nations, à ouvrir les yeux aveuglés, à tirer du cachot
le prisonnier, de la maison d'arrêt, les habitants des ténèbres.' (Esaïe
42 :1.2.3.6-7)
Que cet Enfant né comme un réfugié dans son pays occupé, qui par sa seule présence
manifeste la pure grâce de Dieu, soit pour nous la source de notre espérance
dans un monde qui peut être différent, la force de notre détermination à
rechercher inlassablement la paix dans la justice, le réconfort qui chasse la
peur paralysante du lendemain et éclaire d'une lumière indéfectible le
quotidien de nos vies où l'amour solidaire est le chemin à parcourir. Non, pas
un cadeau, mais une mèche qui fume encore...
Denis
Fortin
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