ÉGLISE UNIE BEDFORD / ACTON VALE

La lettre pastorale


 
 

 Octobre 2001

Apocalypse Now

Il y à peine quelques semaines, une version 'allongée' du fameux film sur la guerre du Vietnam arrivait sur les écrans des cinémas d'Amérique et d'Europe et suscitait à nouveau la fascination des foules face au délire, à l'atrocité et à la démesure de cette guerre dite 'nécessaire' pour contrer les méfaits du communisme 'athée'. Heureusement, tout cela c'était ailleurs. Qui de nous aurait cru alors que l'épouvante frapperait pour ainsi dire à notre porte et que la folie guerrière, assaisonnée à nouveau de 'justifications' religieuses transformerait des moyens de transports familiers en armes de destruction de masse? Au moment où ces lignes sont écrites, nous sommes encore sous le choc et la stupéfaction. Les médias en ont couvert 'ad nauseam' (littéralement à en vomir) les moindres détails et des analyses de toutes sortes nous sont proposées. 

Devant tant d'horreur et d'absurdité, devant la possibilité d'un dérapage qui peut engouffrer la planète dans un conflit total sans précédent, me reviennent à l'esprit des images bibliques. Nous sommes invités à comprendre, le sens des événements du point de vue d'ensemble, du point de vue de Dieu (lisez Luc 12,54-56). D'abord l'histoire de l'effondrement d'une tour sur des victimes innoncentes : Jésus l'utilise pour dire que le peuple doit changer son comportement et son cœur (relisez Luc 13,4-5). Et puis une 'vision' de la chute de Babylone, centre économique et politique du monde d'alors, qui a des échos tellement actuels: 'Elle est tombée Babylone la grande [...] toutes les nations ont bu de son vin, les rois [...] et les marchands de la terre se sont enrichis de son luxe démesuré [...] il n'y a jamais eu de ville aussi grande que celle-ci [...] c'est de sa richesse que s'enrichissaient tous ceux qui ont des navires sur la mer. Et une seule heure a suffi pour que tout cela disparaisse' (extraits d'Apocalypse 18).

L'horreur est certaine et la tragédie de ces milliers de victimes innocentes et de leurs familles nous frappe de plein fouet, d'autant plus probablement qu'ils ne sont qu'à quelques kilomètres de chez nous. Notre compassion et notre prière ne peuvent que s'élever pour eux. Il nous faut aussi discerner les causes qui ont suscité un tel malheur. Car ces attentats inacceptables, comme toute forme de terreur fanatique, ne se sont pas produits par hasard. Ils ont trouvé leur légitimation dans des situations de conflits, d'oppression et d'injustices chroniques, tolérées sinon commises, par des gouvernements complices, liés à la haute finance, dont les intérêts propres les rendent sourds, ou pire, indifférents, aux souffrances quotidiennes de milliers de personnes. 

Comme croyants, unis au Christ ressuscité, nous sommes appelés à vivre et à agir en cherchant par tous les moyens à promouvoir un monde selon le dessein de Dieu, dans le respect des personnes et des collectivités, dans le partage des richesses et des ressources. Un nouvel ordre économique mondial, un nouveau libéralisme : pour qui ? Dans cette atrocité, il y a un avertissement: ça ne tourne pas rond et on ne peut construire la paix sans la justice et l'équité. C'est un appel à la repentance et au changement de nos attitudes et de nos valeurs. Saurons-nous l'entendre et nous y engager? La confession de foi et la prière que nous propose notre Église Unie (voir plus loin) nous invitent résolument à aller de l'avant. C'est la meilleure manière d'honorer les morts de cette tragédie et d'empêcher que de nouvelles arrivent et que d'anciennes se perpétuent.

Denis Fortin

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