EGLISE UNIE BEDFORD / ACTON VALE

La lettre pastorale



 
 
 

Avril 2000
“ Au commencement du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent voir le sépulcre. ” 
(Matth. 28, 1)

Marie de Magdala raconte : 
« Je  suis encore toute bouleversée des événements des derniers temps. Quelques jours avant la fête de la pâque nous sommes venus à Jérusalem. Notre ami et maître Jésus a eu une entrée triomphale dans la ville. Les gens l’ont acclamé avec enthousiasme, ils ont mis des rameaux et même des vêtements devant lui sur le chemin.
C’était une semaine très remplie, Jésus nous parlait encore de beaucoup de choses. Nous sommes venus en ville pour fêter la pâque, nous avons accompagné Jésus et les autres pour les servir. Les hommes ne nous permettent pas beaucoup plus, c’est ainsi dans notre société. Mais Jésus était différent. Il nous prenait toujours au sérieux et il nous parlait souvent du royaume de Dieu. Dans ses yeux nous avons la même valeur que les hommes.
Le jeudi soir nous avons mangé ensemble la pâque, plus tard les hommes ont encore fait une promenade à  Gethsémané. Jésus me semblait être déprimé lorsqu’ils sont partis. Nous ne nous sommes pas couchées et nous avons attendu leur retour, très tard quelques disciples sont revenus complètement bouleversés : Jésus a été arrêté, et il fallait qu’eux se cachent au plus vite. C’était raisonnable, sinon on les aurait aussi pris. Pierre a osé de suivre jusque dans la cour, mais on l’a reconnu. C’était vers le matin, le coq chantait déjà.
Et puis venait ce terrible vendredi. Nous avons revu Jésus lorsqu’ils l’ont emmené dehors. Qu’est ce que les soldats lui avaient fait subir ! Il portait une poutre lourde, comme s’il portait le péché du  monde entier. Nous avons suivi le cortège jusqu’à Golgotha. Il n’y avait peu de danger pour nous, les autorités ne voient pas de menace de la part de femmes, même si on nous avait vus avec un agitateur populaire, comme ils disaient. Ainsi, ils l’ont exécuté. C’était atroce, mais nous voulions être près de lui. Il nous a toujours donne tellement d’amour et de compréhension, rester là était la moindre des choses que nous avons pu faire pour lui. 
Le soir même, quelques hommes nous ont aidés à le mettre dans un tombeau. Pour les autres rites on n’a pas eu le temps, le sabbat commençait déjà. Nous sommes restés ensemble, et le jour après le sabbat nous, les femmes, nous avons décidé d’aller aussi tôt que possible au tombeau, pour aller embaumer le corps de notre ami selon nos coutumes. En chemin, nous nous sommes demandés comment ôter la pierre lourde devant le tombeau. Quel étonnement quand nous avons vu qu’elle avait déjà été déplacée. Et quand nous avons regardé dans le tombeau nous avons vu que la place était vide. Quelqu’un l’avait ôté de là. Les larmes me montaient encore aux yeux.  Même de lui donner un dernier signe d’amour nous était impossible. 
Tout à coup je voyais dans le tombeau une personne habillée tout en blanc qui me demandait : « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi cherches-tu parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ! » Je me retournais, c’était trop ! Là je voyais un homme à travers mes larmes, je pensais que c’était le jardinier. « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, je veux être avec lui. » Une voix que je connaissais et que j’aimais disait seulement : « Marie !». Le poids de la tristesse tombait d’un coup de mon cœur. Il est vivant !
Il nous disait d’aller annoncer aux autres qu’il vit. Nous, des femmes, nous sommes les premiers témoins que Jésus a vaincu la mort. La société juive ne nous donne même pas le droit de témoigner en cour, mais nous sommes les premières que Jésus  charge d’annoncer cette Bonne Nouvelle. Peut-être on ne nous croira pas, mas nous savons que Jésus est vivant, et nous ne cesserons pas de le raconter partout !
Peut-être, un jour, beaucoup d’hommes et de femmes vont le croire et en témoigner : Que Jésus est le fils de Dieu, qu’il est vivant et qu’il veut que tous aient la vie nouvelle en Dieu. »
 
 
 

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