Consistoire Laurentien

Consistoire francophone au sein de l'Église Unie du Canada.

Nouvelles - septembre 2007

Lumière d’espoir et de guérison 2007

David-Roger Gagnon

On a tendance à dire que, si un événement se tient à trois reprises, ça devient une tradition. Cette année, les cérémonies du 28 juillet à Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, pour commémorer le Grand Dérangement sont devenues une nouvelle tradition pour l’Église unie. Pour une troisième année de suite, en effet, ses événements avaient pour but d’aider nos membres, de même que bien d’autres personnes, à mieux connaître la déportation des Acadiennes en 1755, connue sous le nom du Grand Dérangement. Chaque année, l’église unie Covenanter à Grand-Pré devient, à cette occasion, paroisse-hôtesse des cérémonies commémoratives de la part de toute l’Église Unie du Canada de même que de l’Église Unie du Christ au États-Unis.

Cette année, pour les cérémonies, nous avons eu le plaisir d’avoir parmi nous les Amies/Amis de Grand-Pré, organisme sans but lucratif, fondé en 1990, composé de bénévoles qui offrent un soutien essentiel au rayonnement de la culture acadienne dans la région de Grand-Pré en organisant colloques, conférences ou activités pédagogiques. Les Amies/Amis de Grand-Pré soutiennent aussi le travail du Parc National de Grand-Pré avec des événements comme Les Journées aca-diennes. Leur présence aux deux événements y a triplé la participation acadienne, une bonne partie de leurs membres étant des AcadienNEs ou ayant des racines acadiennes.

Au pied de la croix

Notre cérémonie au pied de la Croix de la déportation à Horton’s Landing, près de Grand-Pré, aura regroupé une vingtaine de personnes qui ont partagé quelques moments de réflexion sur la tragédie du Grand Dérangement. Au nom de l’Église unie, Betty Curry et le pasteur Michael Gibbons ont présenté une couronne de souvenir et de reconnaissance. Cette année, au nom des Amies/Amis de Grand-Pré, Susan Surette-Draper a posé un geste semblable. Était-ce un signe ? Pendant le rassemblement, un aigle s’est fait voir à l’horizon.  Après un temps de partage nous avons terminé par une prière et le chant Ave Maris Stella, l’hymne national de l’Acadie.

En soirée, à l’église unie Covenanter, une trentaine de personnes se sont rassemblées pour un culte interculturel/interspirituel de commémoration. Au son des cloches à 17h55 (souvenons-nous de la date de la déportation), et après une prière en mi’kmaq et un smudge (partage de la fumée de herbes sacrées), l’assemblée a marqué le 28 juillet par des lectures bibliques, des prières et des chants. L’ancien Mi’kmaq Noël Knockwood a partagé des mots de sagesse en expliquant comment les autochtones, eux aussi, savaient ce qu’était être arraché de sa terre. Emily Levey-Purdy, accompagnée de son conjoint Ian Purdy à la flûte, a présenté son émouvantet composition « L’Espoir d’Acadie », créée pour les cérémonies de ce 28 juillet. Après le culte, les personnes présentes ont participé à la Marche de solidarité depuis l’église Covenanter jusqu’au Parc National de Grand-Pré (à peu près 1,7km), où nous avons été reçus par Les Amies/Amis de Grand-Pré pour une collation et un temps de partage.

De nombreuses paroisses, ainsi que des personnes et des groupes, ont exprimé leur solidarité, notamment en sonnant leurs cloches et en allumant des bougies, dans chacune des provinces du Canada, dans un territoire, dans sept états aux États-Unis et dans cinq différents pays d’Europe. Les carillons de l’église unie Metropolitan à Toronto ont sonné et joué Ave Maris Stella. De nombreuses paroisses ont intégré des éléments de culte appropriés le dimanche 22 juillet pour souligner le 28 juillet.

Déjà l’année prochaine

Il me faut remercier Les Amies/Amis de Grand-Pré de leur accueil et leur hospitalité autant lors de la réception que pendant les deux cultes. Leur présence cette année au sein des cérémonies a fait toute une différence ! Merci aussi aux nombreuses personnes qui ont participé à l’animation des cultes, et jusque dans la publicité et les photos. Soulignons aussi, le soutien financier de l’Unité des ministères en français et du Conseil général de l’Église unie à ces événements.

Pour l’an prochain, nous sommes déjà en conversation avec le modérateur, David Guliano, qui a exprimé déjà son intérêt à assister aux événements de Grand-Pré en 2008. Les discussions sont aussi amorcées avec l’Église anglicane du Canada afin de l’inclure dans les gestes de solidarité autant que dans les cultes. L’Église Unie du Christ, aux États-Unis, envisage d’envoyer une délégation officielle, venant du Maine ou de la Louisiane. Les discussions ont commencé afin de trouver deux cloches pour l’année prochaine ! Une de ces cloches sera donnée à l’église unie Covenanter qui pourra la faire sonner à chaque année le 28 juillet. L’autre pourrait servir de geste de solidarité de la part de l’Église unie au peuple acadien… Les discussion se poursuivent…

Merci à toutes et à tous qui ont posé des gestes de solidarité, dont la liste n’est pas encore complétée, et merci aux paroisses qui ont célébré la Déportation au cours de leurs cultes ou qui ont sonné les cloches à 17h55. Souhaitons longue vie à cette nouvelle tradition de l’Église unie, et bien sûr, longue vie à l’Acadie ! ◊