Les petites filles qu’on enlève
Le retour de vacances a cela de fascinant qu’on doit
se remettre à jour dans les informations nationales et mondiales. Une pile de
journaux et de revues m’attend. Je parcours les grands titres de l’été qui
s’achève ; lesquels me font réagir le plus ?
- Le Tour de France qui croule sous les scandales
de dopage… la chute des dieux est d’autant plus spectaculaire qu’ils sont
grands et forts, et que l’on s’est bousculé pour les voir le long du parcours
jusqu’à la toute fin de la compétition.
- Quantité de nos lacs sont infestés d’algues bleues… et
cela ne fait que commencer, mais, bonne nouvelle, ce sont les citoyens
riverains qui prennent les choses en main en plantant des arbres et des
arbustes.
- Par un sondage à travers le pays on établit la
liste des « dix pires Canadiens » ; je n’ai guère d’estime pour
la plupart des nominés, mais faut-il élever le cynisme au rang de vertu ?
Cette liste fait-elle avancer notre intelligence de qui nous sommes ?
- Des évangéliques coréens sont retenus en otages
en Irak ; on les voit souriants sur les photos parues dans les journaux,
prêts à porter la Bonne Nouvelle de l’Évangile aux confins de la terre… au
risque de leur vie ?
- La déclaration du Pape voulant que les Églises
protestantes ne soient pas des Églises « au sens propre du terme ».
Rien de nouveau, tentent de temporiser certains leaders œcuméniques ;
justement on aurait espéré quelque chose de
nouveau !
- La mort de soldats de l’armée canadienne en
Afghanistan, histoire qui brasse les émotions de beaucoup au gré desquelles fluctuent
les appuis à la guerre et les positions des partis politiques.
- Les incendies dévastateurs en Grèce ;
certes on offre une récompense d’un million d’euros pour les pyromanes, mais on
peut y voir aussi une autre manifestation de la crise environnementale qui nous
menace.
Comment ne pas réagir à cette horrible histoire d’une
petite fille de 4 ans, Madeleine, enlevée au Portugal, que ses parents
recherchent, avec la police, peut-être en Espagne, peut-être au Maroc ! Et
voilà qu’ici même une petite Cédrika de dix ans est enlevée en pleine ville de
Trois-Rivières. Les recherches se poursuivent et pour l’une et pour l’autre, mais il est aisé
d’imaginer - et nos cœurs se serrent - l’indicible peine, l’angoisse et les
tourments ressentis par les parents des deux fillettes.
Les questions se bousculent : qui peut bien
consciemment, sciemment, faire une telle épouvantable action ? et
pourquoi ? dans quel but ? À quelle époque de barbarie
retournons-nous pour engendrer de tels monstres ? Que dire devant
Dieu ?
Je fouille dans les notes que j’ai glanées en sautant
d’une présentation à l’autre au Forum social québécois… La traite (et le
trafic) des personnes est un commerce des plus florissants. Et bien sûr la
prostitution et l’exploitation sexuelle en sont les principales destinations, à
côté des aides familiales, du travail agricole, en usine ou dans la
construction, du monde des spectacles érotiques, des enfants adoptés et des
mariages forcés… Les chiffres sont ahurissants : l’ONU estiment que
250 000 000 (250 millions) de personnes, à 80 pour cent des femmes et
des enfants, en sont victimes par année, et que leur valeur marchande (!!)
s’élève à 32 000 000 000 (32 milliards) de dollars. Ça en fait
des salauds de clients !
Combien vraie est cette réflexion : « La traite
existe parce qu’on ferme les yeux. »
David Fines


