Consistoire Laurentien

Consistoire francophone au sein de l'Église Unie du Canada.

Bulletin de l'UMiF - février

Notre foi chante…

Dire et vivre sa foi aujourd’hui

…  Dieu crée l’univers

  et avec lui, la possibilité d’être 

  et d’être en relation.

Dieu comble l’univers

  restaurant ce qui est brisé, réconciliant ce qui est séparé.

Dieu fait vivre l’univers… (extrait)

En août 2006, le Conseil général de l’Église unie a adopté  à une large majorité une longue déclaration de foi d’une douzaine de pages. Il s’était agi d’élaborer « une déclaration de foi qui convienne à notre temps et à notre contexte… car, depuis nos débuts en tant qu’Église unie, nous reconnaissons la nécessité de reformuler notre foi en l’Évangile de Jésus-Christ, dans un style et avec des mots signifiants pour les nouvelles générations de croyants et de croyantes qui vivent des peines et des joies que leurs prédécesseurs n’auraient pu connaître ou ima-giner à l’époque où ils formulaient leurs propres déclarations de foi. » (introduction)

C’est donc dire que l’Église unie se veut en mouvance, habitée d’un souci de rendre vivante la Parole de Dieu pour aujourd’hui dans un contexte changeant, tant au plan local qu’au plan mondial, un contexte où tous ces changements sont interreliés.

Elle ose, dans un monde fragilisé par l’injustice, l’oppression et le viol de la Création, en affirmer aussi la beauté.

Nous nous trouvons dans un monde de beauté, de mystère,

  d’êtres vivants, dans la diversité et l’interdépendance,

  de complexes processus de croissance et d’évolutions,

  de particules subatomiques et de tourbillons cosmiques,

  alors, chantons au Dieu Créateur,

Origine et Source de tout ce qui existe….

… Chaque parcelle de la Création révèle une parcelle unique du Dieu Créateur

  qui est à la fois dans la Création et au-delà.

Toutes les parties de la Création, animées et inanimées, sont interreliées.

La Création est bonne. (extraits)

Cette déclaration de foi ne veut aucunement remplacer les expressions antérieures mais plutôt faire réfléchir et aider à exprimer ce qui nous habite et nous emplit d’espérance.

Sa formulation a suivi un chemin assez typique de notre Église. Un travail qui a duré quatre ans, piloté par un comité de douze personnes, hommes et femmes, artistes, pasteurs, laïcs, enseignants, étudiantes, mères et pères de famille, âgés de la trentaine à la soixantaine, venus de diverses régions du pays, représentant aussi des perspectives théologiques diverses. La table était mise pour chercher, en reflet à notre monde divers, des avenues plurielles et communes, respectueuses et ouvertes. Un premier jet a été envoyé à chaque paroisse pour réflexion et commentaires, puis le produit de cette vase consultation à été colligé, évalué, reformulé et soumis au Conseil Général. 

On le devine, cette déclaration de foi n’est aucunement destiné à devenir un test d’orthodoxie ou d’admission à l’Église unie, mais elle offre un point de rencontre, de confluence, entre des spiritualités, des sensibilités théologiques et des expressions diverses de la foi commune, comme des affluents venus d’horizons divers, se rencontrant en rivière, et coulant ensemble vers la Mer, Dieue, son Royaume et sa Justice.

    L’Église a voulu une déclaration de foi chantante, c’est-à-dire susceptible d’être utilisée pour le culte, la méditation, la prière ou la réflexion et l’échange. L’UMiF est en train de tester une version en français avant de la présenter pour approbation à l’Exécutif du Conseil général en mai prochain. Beaucoup trouvent intéressante sa facture ouverte et fluide.

Pour une Église, produire une confession de foi est un jalon important pour l’articulation de la foi. Mais gardons-nous de toute fausse complaisance. Le but selon l’Évangile, ce n’est pas de dire un texte mais de vivre fidèlement. Car que veut dire Confesser sa Foi aujourd’hui, sinon la mettre en pratique de manière libérante au service des humains de la création et du Dieu de la Vie ?

Car dans un monde de sous-développement où nos voisins du Sud ont dépensé 500 milliards pour faire la guerre, où 225 familles ont le même revenu que 2,5 milliards des plus
pauvres, où les drames du Darfour, du Congo et d’ailleurs causent des millions de morts dans l’indifférence politique générale, dans ce monde résonne le message explosif des prophètes et l’appel de Jésus à la transformation :

Quand vous étendez les mains, je me voile les yeux,

Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas :

Vos mains sont ensanglantées…

Ôtez de ma vue vos actions mauvaises,

  cessez de faire le mal.

Apprenez à faire le bien, recherchez la justice,

mettez au pas l’exploiteur,

faites droit à l’orphelin, prenez la défense de la veuve.

Ésaïe 58, v.15 à 17

L’esprit du Seigneur est sur moi

Pour annoncer la Bonne nouvelle aux pauvres,

proclamer aux captifs la libération

et aux aveugles le recouvrement de la vue,

renvoyer les opprimés en liberté

et proclamer l’année de grâce du Seigneur.

Luc 4, v.18 et 19

Nous tous de l’Église unie, c’est à cet aune qu’il nous faudra humblement mesurer si cette nouvelle déclaration de foi nous a permis de nous risquer plus avant dans la suivance du Christ vivant, dans l’accueil des autres et la sauvegarde de la création. ◊

Pierre Goldberger